La Bombe et Nous

Les armes nucléaires dans le monde

Nombre d’ogives nucléaires par pays en 2015 :

Russie : 7 290
USA : 7 000
France : 300
Chine : 260
Grande-Bretagne : 215
Pakistan : 110-130
Inde : 100-120
Israël : 80
Corée du Nord : moins de 10

Total : environ 15 300

Conséquences humanitaires : le cas du Kazakhstan

L’État du Kazakhstan, devenu indépendant de l’URSS, dénombre 1,5 millions de victimes dans la région de Semipalatinsk où 456 essais nucléaires soviétiques furent réalisés. La fréquence des cancers est 2,5 à 2 fois plus grande que dans une population normale, de nombreuses autres pathologies y sévissent à une fréquence anormalement élevée comme les fausses couches, les malformations à la naissance et les retards mentaux. Les femmes enceintes font l’objet d’un suivi médical particulier.

Pour en savoir plus :

Le Kazakhstan face à l’héritage nucléaire soviétique (Euronews en français, 5’17)

L’orphelinat de Semipalatinsk (4’30 sous-titres anglais)

Le suivi des femmes enceintes ( 62′, sous-titres anglais)

Citations

« Tout homme, toute femme et enfant vit sous l’épée de Damoclès nucléaire, retenue par le fil le plus fin, pouvant être coupé à tout moment par accident, par erreur de calcul ou par folie. Les armes de guerre doivent être abolies avant qu’elles ne nous abolissent. »
John Fitzgerald Kennedy, discours à Berlin, juillet 1961

« Aujourd’hui, la guerre froide n’est plus, mais ces armes existent toujours par milliers. Par un de ces étranges retournements de l’histoire, la menace d’une guerre nucléaire mondiale a diminué, mais le risque d’une attaque nucléaire a augmenté. Davantage de nations ont acquis ces armes. Les essais se sont poursuivis. Des marchés parallèles font commerce de secrets et de matériaux nucléaires. La technologie nécessaire pour fabriquer une bombe s’est largement diffusée. Des terroristes sont prêts à tout pour en acheter, en construire ou en voler une. »
Barack Obama, Prague, 2009

« La paix et la stabilité internationales ne peuvent être fondées sur un faux sentiment de sécurité, sur la menace de destruction mutuelle ou d’anéantissement total, ou sur le seul maintien d’un équilibre des pouvoirs. […] De ce point de vue, nous devons aller au-delà de la dissuasion nucléaire : la communauté internationale est appelée à adopter des stratégies tournées vers l’avenir pour promouvoir l’objectif de paix et de stabilité et éviter les approches à courte vue des problèmes de sécurité nationale et internationale. Dans ce contexte, l’objectif ultime de l’élimination totale des armes nucléaires devient à la fois un défi et un impératif moral et humanitaire. »
Pape François, 23 mars 2017

Sommes-nous pris au piège de l’arme nucléaire ?

Peut-on vivre sans elle ? Peut-on penser le monde autrement que par un équilibre de la terreur ? Est-elle, au contraire, un gage de paix et de stabilité ? Depuis la naissance même de l’engin ces questions alimentent les peurs les plus terribles et les discours les plus dangereux. Avec des intervenants de tous bords : militaires, scientifiques, historiens, militants, hommes politiques, ce film se propose de porter la réflexion sur l’actualité et l’avenir du nucléaire militaire.

Vers l’abolition ?

Le 23 décembre 2016 l’Assemblée générale de l’ONU a décidé de convoquer une conférence ouverte à tous les Etats pour élaborer “un instrument juridiquement contraignant d’interdiction des armes nucléaires, conduisant à leur élimination totale”.

La Conférence a rendu son travail le 7 juillet 2017. Le projet de Traité a été adopté1 par 122 voix pour, une contre, une abstention. Il est ouvert à la ratification depuis le 20 septembre. Plus de 50 états l’ont signé dès le premier jour. Les puissances nucléaires n’ont pas pris part au vote. Les gouvernements étatsunien, français, britannique et russe ont tout fait pour faire échouer ce projet. Ils ont en premier lieu essayé de saborder les 3 conférences internationales sur les conséquences humanitaires d’une explosion atomique qui ont précédé la décision de l’ONU. Malgré cela, ces conférences ont connu une participation croissante.

En dépit des fortes pressions diplomatiques exercées ils n’ont pas réussi à empêcher le vote de l’ONU. Ils font maintenant campagne contre le Traité d’abolition. Ils veulent s’en tenir au Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP) et à la politique du “pas à pas”. Pour les partisans de l’abolition ces pas sont petits, très petits, trop petits : le TNP a déjà un demi-siècle et malgré le battage médiatique fait autour des accords de désarmement il reste toujours suffisamment de bombes et de vecteurs pour anéantir plusieurs fois la planète. Le nombre de puissances nucléaires est passé de 5 à 9 et d’autres pays risquent de suivre, sous prétexte d’assurer, eux aussi, leur sécurité. Barack Obama l’a indiqué à Prague en 2009 : le risque d’une seule explosion nucléaire n’a jamais été aussi grand, y compris du fait du terrorisme.

L’attribution du Prix Nobel de la Paix à la campagne « ICAN », dont font partie les organisations françaises qui soutiennent ce film, est un nouveau démenti à la thèse des états nucléaires, France et Corée du Nord comprises, selon laquelle la bombe assure leur indépendance et leur sécurité.

Pour l’OTAN, ce traité risque de rompre l’équilibre des forces. C’est sans doute l’argument le plus sérieux, si on se place dans le contexte de l’équilibre de la terreur. C’est le piège dans lequel sont englués tous les chefs d’États, quelles que soient leurs intentions. La rencontre Reagan-Gorbatchev à Reykjavik en 1986, où l’on passa pourtant à un cheveu d’un désarmement nucléaire total, illustre bien cette réalité2.

Le TNP n’a pourtant pas empêché l’OTAN de rompre cet équilibre en installant un bouclier anti-missile impliquant 7 pays européens et la Turquie. Poutine y a répondu par un effort d’armement sans précédent, Trump a surenchéri, et les gouvernements français et britannique ont suivi.

Moderniser l’arsenal nucléaire puis construire des boucliers antimissiles relève d’une logique de l’absurde avec laquelle il faut rompre. Cela ne sera pas facile, les lobbies industriels et financiers de l’armement veillent. Ils contrôlent l’essentiel des moyens d’information privés, tandis que les gouvernements ont la main sur les chaînes publiques. Seul un grand débat national et citoyen peut convaincre les détenteurs du pouvoir politique qu’il faut adopter une vision du monde radicalement différente.

Jean-Claude Bauduret

1. 122 voix pour, une contre (Pays-Bas), une abstention (Singapour).
2. Voir Guillaume Sérina, Reagan Gorbatchev, Reykjavik 1986 : le sommet de tous les espoirs, Éd. l’Archipel, 2016.

 

Dissémination nucléaire : après la Corée du Nord, l’Australie ?

Faut-il que l’Australie se dote de l’arme nucléaire ? Après l’arrivée de Trump au pouvoir le débat ressurgit. Craignant la réaction d’une population qui a subi les effets des essais nucléaires britanniques et français la question est pour l’instant confinée dans les cercles politico-stratégiques. Mais la personnalité de ceux qui la posent semble indiquer que le débat ne fait que commencer. Quelques citations :

Hugh White, professeur d’études stratégique à l’« Australian National University »

« La logique terrifiante stratégique suggère donc que seule une force nucléaire à nous, capable de menacer de manière crédible un adversaire de dommages majeurs, assurerait que nous pourrions dissuader [la Chine] d’une telle menace nous-mêmes. » Ayant soulevé la question, cependant, il a nuancé la remarque en écrivant qu’il ne « prédisait ni ne préconisait que l’Australie doive acquérir des armes nucléaires ».

Paul Dibb, professeur émérite de la même université, ancien conseiller d’un ministre de la défense et ancien membre des services du renseignement est allé dans le même sens dans un article intitulé « Notre position d’armement nucléaire mérite d’être revue » il écrit notamment « ..il serait prudent de revenir sur la réduction du retard technologique »

Andrew Davies, directeur du programme de défense et de stratégie de l’Institut australien de politique stratégique (ASPI) [1]:

« La question clé, que nous ne devrions pas éviter d’aborder, est de savoir si nous jugeons le risque d’une attaque de la part de la Chine suffisamment élevé et sérieux pour justifier le développement d’un système de dissuasion nucléaire indépendant. ». Il a déclaré qu’« il y a un débat stratégique sérieuse à avoir.

Malcolm Davis, collègue analyste de l’ASPI, dans un article intitulé Going nuclear ? (Opter pour le nucléaire ?):

« Pour dissuader les menaces nucléaires, il faut des armes nucléaires, et une telle capacité renforcerait toute dissuasion non nucléaire future […] l’Australie n’envisagerait pas une telle mesure à la légère, mais n’attendez pas beaucoup de temps pour une réflexion approfondie si nos décideurs politiques sont contraints de faire face à cette option. »

 

Peter Layton, analyste de l’Institut Lowy[2],

a proposé que l’Australie envisage de « partager les armes nucléaires » plutôt que de développer un arsenal indépendant. Il a suggéré le placement des armes nucléaires américaines sur le sol australien comme c’est le cas en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Italie et en Turquie, ou encore le partage des coûts avec la Grande-Bretagne pour construire sa flotte de sous-marins nucléaires de type Dreadnought dotés de missiles nucléaires Trident.

L’acquisition de la bombe par l’Australie porterait à 15 le nombre de dépositeurs du feu nucléaire et peut-être à 17 si  le Japon et la Corée du Sud s’en dotaient également comme Trump en a émis l’idée au cours de sa campagne électorale.

Jean-Claude Bauduret d’après Peter Symonds ; – wikistrike.com le 1er février 2018.

[1] «  ASPI »reçoit des fonds du gouvernement et des entreprises d’armement.

[2] Think Tank australien spécialisé sur les questions internationales et stratégiques.

 

La bombe franchit le mur du silence médiatique.

Un livre…

de Jean-Pierre Dupuy, polytechnicien et professeur de philosophie à Standford:  « La guerre qui ne peut pas avoir lieu ». Dans ce livre qu’il murit depuis 30 années l’auteur remet en cause la doctrine de la « dissuasion » sur laquelle repose la politique française de défense.

« Nous sommes plus près d’une guerre nucléaire que nous ne l’avons jamais été pendant la Guerre froide, mais la plupart des gens sont aveugles à ce danger. Ils ont appris que les armes nucléaires ne servent qu’à une chose : empêcher que les autres les emploient. C’est ce qu’on appelle la dissuasion. Ils pensent aussi que ces armes sont trop destructrices pour qu’on soit tenté de les utiliser. Telles sont les illusions qui leur permettent de dormir tranquilles.
Entre l’été 2017 et janvier 2018, nous avons plusieurs fois frôlé une guerre nucléaire que ses protagonistes, Donald Trump et Kim Jong Un, ne voulaient nullement, pas plus que ne la voulurent Kennedy et Khrouchtchev pendant la crise de Cuba. Les intentions des acteurs comptent en effet très peu. Des « machines apocalyptiques » décident aujourd’hui pour nous, des systèmes de déclenchement semi-automatique où le faux calcul, la mauvaise interprétation ou l’accident jouent un rôle déterminant »

Un film

…d’Antonin Baudry, polytechnicien également, ancien diplomate, qui réalise pour son premier film un coup de maitre avec « Le chant du loup ». Cette fiction réaliste avec un suspens digne de Stanley Kubrick illustre à merveille la possibilité d’un accident dans lequel s’empêtre la dissuasion censée nous protéger. Nous sommes dans le monde des sous-marins nucléaires. Un tir de missile venu de l’est et visant la France est repéré. La tentative de le détruire en vol échoue. Appliquant rigoureusement la doctrine de la dissuasion ou « destruction mutuelle assurée » un sous-marin lanceur d’engin (SNLE) reçoit l’ordre de riposter. C’est alors qu’on réalise que la menace du missile est fictive mais on ne peut plus joindre le SNLE qui, conformément aux consignes s’est totalement isolé…

Un autre film,

documentaire américain celui-là, « The Bomb » de Kevin Ford, Smriti Keshari et Éric Schlosser, ayant pour objectif de connecter émotionnellement les spectateurs à cette réalité froide qu’incarnent les armes nucléaires. Illustrant aussi bien la possibilité d’accidents nucléaires que les animaux vaporisés pour les besoins des essais nucléaires ou les séquelles des survivants des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Ce film a su prendre aux tripes les curieux présents dans la salle et les convaincre de la vulnérabilité humaine face à ces armes de destruction massive, quand certains ignoraient même qu’il en existait encore. Rachel Bronson, présidente du Bulletin of the Atomic Scientists présente dans la salle, a salué l’initiative qui permet de sensibiliser les citoyens aux risques de la bombe, en rappelant qu’il y avait urgence à agir dans la mesure où les armes nucléaires ne sauraient coexister avec l’humanité.

Un article du « Monde »

Pour le biologiste Jared Diamond   les armes nucléaires sont la principale menace actuelle pour l’humanité.

Dans une interview donnée au journal Le Monde, le biologiste et géographe américain Jared Diamond professeur de géographie à l’UCLA, auteur de nombreuses publications scientifiques, National Medal of Science. en 1999, analyse les principales menaces actuelles pour l’humanité. Identifiant le changement climatique et son lot de conséquences, la lutte pour des ressources naturelles raréfiées et l’accroissement des inégalités, il place en tête de sa liste le risque d’utilisation des armes nucléaires, alertant sur l’illusion d’une disparition des risques nucléaires. Rappelant les incidents historiques ayant failli mener à un conflit accidentel ou volontaire, il souligne également le risque de prolifération ou de terrorisme nucléaire, ce qui signifie selon lui qu’il existe « une forte probabilité pour que l’une de ces utilisations d’armes nucléaires soit mise en œuvre quelque part dans le monde au cours des dix ans qui viennent ». Il dénonce notamment la responsabilité des élites des pays riches et des grandes puissances qui sont principalement préoccupées par la préservation de leur propre futur, et souhaite que l’accent soit encore davantage mis sur la coopération juridique et diplomatique pour préserver la stabilité de l’équilibre international.

(Revue de presse IDN 14 Déc 2018)

Jean-Claude Bauduret

La Bombe et Nous

Documentaire – 70 minutes
Sortie novembre 2017

Scénario et réalisation : Xavier-Marie Bonnot
Image : Ursula Wernly Fergui
Son et montage : Xavier-Marie Bonnot
Musique : Pierre Boscheron
Production : Jean-Claude Bauduret (producteur délégué) / Direction Humaine des Ressources & Callysta Production (producteurs exécutifs)
Distribution : DHR / Philippe Elusse / programmation@d-h-r.org
Contact presse : Jean-Claude Bauduret, jcb32@free.fr

Affiche et maquette : Sébastien Marchal
Site : Sébastien Marchal et Anaïs Enjalbert

Aujourd’hui en DVD

En vente au prix public de 16 €
Sortie novembre 2018
Sur commande : DHR / Philippe Elusse / distribution@d-h-r.org

Avec le soutien de :

Le mot du réalisateur

La bombe atomique et nous, cibles que nous sommes. Mais que sait-on de cette arme de destruction massive ? A-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Peut-on penser le monde autrement que par l’équilibre de la terreur qu’elle inspire ?

Pour parler du nucléaire militaire, Jean-Claude Bauduret et moi avons choisi de dépasser les pensées toutes faites, le prêt-à-porter intellectuel de ceux qui sont pour le désarmement, les formules lapidaires des “contre”.

Nous voulons proposer du sens, rendre le complexe intelligible pour nous tous. Envisager des solutions et des pistes de réflexion. Il a fallu trois ans de travail et de rencontres, des moments riches, forts, inquiétants et passionnants.

Militaires, scientifiques, diplomates, militants, ministres, d’une dizaine de nationalités, livrent leur parole et leur expertise pour mieux comprendre l’arme nucléaire et les enjeux qu’elle représente aujourd’hui et demain.

Xavier-Marie Bonnot

Direction Humaine des Ressources (DHR)

Il y a une bataille des images, une bataille des imaginaires qu’il nous faut mener pour partager l’idée qu’un autre monde est possible, que les utopies sont nécessaires et que les alternatives sont déjà en marche.

DHR en forme coopérative a produit et distribué de 2009 à 2017 des films hors formatage et cherchant à favoriser la réflexion, la rencontre, la délibération et l’émancipation, en s’efforçant de conserver une complète indépendance sur le plan économique. En production le modèle a rencontré ses limites, les chiffres ont parlé et nous ont imposé une métamorphose.

Aujourd’hui DHR distribution prend le relais, avec toujours pour conviction que le 7e art est un acteur majeur des transformations en cours.

Nous invitons tous ceux et celles qui souhaitent organiser des projections-débats à prendre contact avec nous.
distribution@d-h-r.org
DHR distribution

Avec :

Bruno Barrillot et Patrice BouveretObservatoire des armements.

Docteur Abraham BeharMédecins français pour la prévention d’un conflit de la guerre nucléaire.

John Borrie Diplomate en poste à l’ONU

Michel CibotMaires pour la paix

Jean-Marie CollinDirecteur des “Parlementaires pour la non-prolifération des armes nucléaires et le désarmement”

Étienne Copel Général de corps aérien. Ancien commandant de la force aérienne tactique. Premier pilote français à avoir largué l’arme nucléaire.

Arielle Denis et Beatrice FinhResponsables d’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire).

Michel ForgetGénéral de corps aérien. Ancien commandant de la force aérienne tactique.

Jean-Patrick Gaviard Général de corps. Expert auprès de l’OTAN et consultant défense.

Sir Nick Harvey Ancien ministre de la Défense du Royaume-Uni.

Peter HerbyCroix rouge internationale.

Dominique LalannePhysicien. Armes nucléaires STOP.

Georges Le GuelteAncien Secrétaire du Conseil des gouverneurs et de la Conférence Générale de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).

Magnus Lovold Représentant ICAN Norvège

Seichiro Mise et Toshiko Tanaka Survivants des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki.

Roland Nivet Co-président et porte-parole du Mouvement de la paix.

Bernard Norlain Général d’armée. Ancien chef du cabinet militaire de deux premiers ministres.

Paul Quilès Ancien ministre de la Défense.Ancien président de la commission défense de l’Assemblée Nationale.

Wildred Snedjen et Suzy Snider PAX, ONG internationale qui enquête sur le financement des armes nucléaires.

Hubert Védrine Ancien ministre des Affaires étrangères et ancien sécrétaire général de l’Élysée.